Mièvrerie et nitescence

Crédit : Jean-Étienne

Je vous propose ces mots du mois :
Mot du mois de février – Mièvrerie
Mot du mois de mars – Nitescence

La mièvrerie de février

Mièvrerie :
« Caractère de quelqu’un, de quelque chose qui est fade, affecté ou mièvre ; une action, un propos mièvre, insipide »
« Mièvrerie d’enfant. 
Mièvrerie d’une peinture, d’un poème. 
Amusante, fatigante mièvrerie.  
Être empreint de mièvrerie. 
Tomber dans la mièvrerie. »

Février, une saison mièvre.
Pour plusieurs et pour beaucoup.
Saison de dissolution des résolutions de janvier.
Est-ce que la fièvre du nouvel an perd son élan?
Tiens, fièvre et février portent les mêmes lettres.
À un air près.
Et portent les mêmes lourdeurs.

Mais si février est quelque peu affectée, fade ou insipide,
La mièvrerie, c’est aussi la mi-rêverie.
La saison des tempêtes, des matins éternels et des congés spontanés.
La saison du confort, de l’introspection de soi.
De la couverture chaude et des oreillers gonflés d’air.
On se couche tôt, on ne se réveille jamais vraiment.
Mièvre, comme mi-rêve.

La nitescence de mars

Nitescence :
« Lueur, éclat, luminosité. »

« Cette splendeur était-elle due à la nitescence que donnent au teint l’air pur des montagnes et le reflet des neiges ? » — (Honoré de Balzac, Séraphita)

« Ses yeux se mouillent aisément avant le plaisir; ils étincellent et s’enduisent d’une vague nitescence; on croirait qu’il va tout aimer » (Sainte-Beuve)

La nitescence nait là où les jours commencent à s’allonger.
En plein soleil, une neige légère.
La neige illumine le jour. La lumière est partout.
En mars, c’est la glace !
Sur les Îles, la nitescence c’est marcher des heures sur la mer.
La frontière océane disparait.
Et on se dit que l’insularité n’est plus.
Le vert et le bleu de l’océan sont capturés dans des prisons de glaces.
Des colonnes de débaris.
Des tours de bousceuils.
Des châteaux nitescents.
L’océan en glace, sous un ciel bleu azur,
Ça, c’est le comble de la lueur, de l’éclat, de la nitescence.

Voici une invitation à vous laisser habiter de toute la lumière de février et de mars.
À apprivoiser la nitescence.
Être chaleureux et chaleureuse et rester transparent(e), comme un morceau d’océan.

Toutefois,
En toute lumière, en mars ou en février
Même en mi-rêverie, et en certaine mièvrerie,
Saches qu’il ne faut jamais que tu nies tes sens.

La Trame :

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