Tout ça va trop loin

 

Je ne peux pas être le seul à le ressentir, l’air à un drôle de goût ces derniers jours, ces dernières semaines, ces derniers mois… L’atmosphère des décisions gouvernementales semble nous peser comme une mauvaise journée de pluie : sombre, lourd, triste et intarissable.

Je sais que la plupart d’entre vous en ont assez de se faire dire que ça va mal, que les coupures sont ci, que les réformes sont ça. Cependant, je ne peux pas me résoudre à parler de quelque chose d’autre. C’est beaucoup trop important pour qu’on ne mette pas l’emphase, une fois de plus, sur tout cela.

Tout récemment, on pouvait lire pas mal partout sur les réseaux sociaux que la commission scolaire de Montréal sera dans l’obligation d’abolir son programme de déjeuner pour les enfants défavorisés. À la lecture de cette nouvelle, j’ai eu les deux jambes sciées. En sommes-nous réellement rendus à ce point? Devons-nous si rapidement et de manière aussi bornée réformer l’ensemble des programmes sociaux québécois, sans vraiment prendre le temps d’en analyser les conséquences?

Et surtout, dans quel but? Atteindre l’équilibre budgétaire? Assainir les finances publiques? Rembourser la dette du Québec?

Je n’ai jamais entendu personne dire que ces objectifs étaient mauvais en soi. En fait, bien évidemment qu’avoir des finances publiques saines est une bonne chose. Mais ce n’est pas une fin en soi.

Il faut avoir une vision. Il faut savoir où on s’en va avec tout ça.

C’est, honnêtement, ce qui m’inquiète le plus avec toutes ces nouvelles.

Je n’entends pas vraiment de réel projet de société dans les discours de M. Couillard. Si seulement il y en avait un, on pourrait peut-être débattre sur les bases de quelque chose de concret. Nous pourrions au moins faire quelques sacrifices en nous fédérant autour d’un grand objectif.

Quand je regarde des programmes et des structures qui ont pris des dizaines d’années à être mises sur pied se faire dilapider en quelques semaines par un gouvernement qui n’a pas vraiment à se justifier au restant de l’Assemblée nationale, j’ai peur.

J’ai fréquemment envie de prendre mes choses et de quitter. Je me dis que cette société ne me ressemble plus, que la vision du néolibéralisme ne me convient pas. Je ne veux pas vivre dans une société où on abandonne les plus démunis et où on cherche à attirer de grandes entreprises pour générer une poignée d’emplois sans considération pour les impacts environnementaux.

Mais je ne quitterai pas. Je ne peux pas quitter. Il ne faut pas quitter.

Si tous les dissidents de ces politiques débiles prenaient le large, alors ils auraient vraiment gagné. Même si les institutions scolaires se font sabrer de tout bord tout côté, même si la jeunesse se trouve avec encore moins de moyens pour s’exprimer, même si les manifestations publiques sont regardées de haut par les médias et même si on se sent tout à coup bien seuls et bien démunis dans nos régions, il faut se battre.

Je ne sais pas de quelle manière, je ne sais pas par où commencer et, en toute honnêteté, j’ai l’impression que c’est beaucoup trop gros comme combat.

Néanmoins, si ça commence dans une discussion de salon, si nous pouvons nous montrer solidaires envers nos voisins qui perdent leurs emplois… eh bien! peut-être marquerons-nous alors les premiers pas vers l’amélioration de notre société et, peut-être, réussirons-nous ensemble à faire comprendre à cet État borné que nous ne sommes pas d’accord.

La trame :

 

Publicités