Le scepticisme d’une citoyenneté superficielle

Tout le monde a eu l’occasion de lire une bonne quantité d’articles, de blogues, d’éditoriaux et de réflexions sur les récentes élections canadiennes et… désolé pour ceux qui sont déjà un peu blasés de ce sujet, mais c’est un peu de cela dont je vais vous entretenir.

Cependant, je n’ai pas envie de participer à la Trudeaumania ici*, ni même de faire la critique du gouvernement conservateur ou de commenter la débâcle de la formation bloquiste.

Il est triste, je trouve, de voir à quel point LE** politique est relégué au second plan dès la date critique des élections passée; et je peux bien comprendre la population d’en être blasée. En effet, quel réel pouvoir nous reste-t-il une fois le carton de vote déposé dans les boîtes? Et quel réel pouvoir a ce bulletin de vote? Surtout lorsqu’on réalise à chaque élection que le gouvernement est ordinairement élu avec moins de 40 % de la volonté populaire.

Il faut se résoudre à réaliser que le rôle politique de l’individu, le rôle du citoyen, n’existe plus. Dans une société dictée par le consumérisme, c’est de cette même façon que la classe politique traite maintenant les consommateurs électoraux.

Ce qui est encore plus aberrant, c’est que tout le monde connait la chanson. Dans les premières années de mandat, on nous fait avaler les pilules amères (le gouvernement Couillard en est un bon exemple) : coupes dans les services publics, mise en place de lois injustes, etc. Il ne reste qu’à attendre l’année électorale pour que les cadeaux se distribuent à tous les vents. Trop souvent, malheureusement, cette recette porte ses fruits…

Ensuite, on nous livre un débat vide et sans profondeur, relevant les erreurs de parcours de son adversaire en faisant bien attention de ne pas réellement présenter de plan ou de vision structurée. Une fois la date du scrutin passée, nous remettons le volant à ces politiciens de carrière, un peu aveugle à une vision de société longtemps éteinte.

Frustrés par les nouvelles décisions, nous attendrons avidement la prochaine journée de scrutin. Le gros de notre mobilisation ira dans le partage outragé d’un statut sur les médias sociaux ou par quelques journées de grève, revendiquant une meilleure situation pour sa propre personne, désirant sauver les meubles de ce que le syndicalisme a pu apporter à la classe ouvrière après 50 ans de lobbyisme social.

Si vous pensiez lire une quelconque réflexion optimiste sur le futur de la politique canadienne, je crois que vous avez compris que ce n’est pas la direction que je souhaite prendre. À vrai dire, je n’y crois plus vraiment à cette fonction de la citoyenneté. Avec les groupes économiques ou sociaux qui se retrouvent davantage organisés en groupes de pression (de véritables lobbys industriels) plutôt qu’en réel représentant d’une société civile unie.

Il est possible que le changement de visage à la présidence américaine, couplé à notre récente mise à jour libérale, renverse la machine et ramène un nouveau vent d’optimisme sur un monde politique terni par les scandales et le désintérêt de la population. Peut-être… j’en doute.

Bon mois de novembre.

*Cependant, je tiens à dire que je partage la surprise collective face aux récentes décisions de notre nouveau premier ministre. Justin, s’il te plaît, continue de me surprendre.

** En gros, LE politique réfère aux interactions des humains en société alors que LA politique renvoie à l’activité d’organisation de la société civile. Le politique, c’est une réflexion beaucoup plus large du vivre ensemble.

Écoute la trame parce que : une chanson aux accents de révolution. Un petit retour en arrière avec les Sex Pistols. Attention, ce texte ne vous fera pas sortir de vos blues de novembre.

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