Escapades urbaines

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Crédit photo : Marie-Claude Paradis-Vigneault

Montréal la fourmillante. Montréal la trépidante. Montréal la déjantée. Montréal la belle. Montréal la bête.

 

J’ai choisi de revenir m’établir aux Îles de la Madeleine après un exil de huit ans à Montréal, et je ne regrette pas une seule seconde mon choix. L’horizon, la mer, le ciel, le vent, l’air salin, les plages, les caps, la communauté, la qualité de vie, la culture, les arts, le patrimoine, les défis, l’alternance entre calme et turbulences au rythme des saisons sont autant de raisons de choisir l’archipel. Mais surtout, un amour inconditionnel et un sentiment d’appartenance indestructible m’habitent des pieds à la tête.

 

Pourtant, la métropole a sa place dans mon cœur. Pendant huit ans, j’ai été un Montréalais, et, d’une certaine façon, je continue de l’être même de retour aux Îles. Montréal est la ville de mes études universitaires, la ville de mon premier baiser, la ville de l’éveil de ma conscience sociale et politique, la ville des nuits passées à danser jusqu’à la fermeture des clubs, la ville où j’ai tissé des amitiés précieuses, la ville où j’ai affiné mon écriture, la ville où je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui.

 

J’ai longtemps été déchiré entre les Îles et Montréal, entre insularité et urbanité. J’aimais profondément les deux pour des raisons profondément différentes. L’appel du large a été le plus fort, mais j’ai besoin de retourner à Montréal de temps en temps, histoire de me ressourcer. Oui, oui, on peut se ressourcer au sein de la grande métropole, malgré le bruit, le gris, la saleté, le trafic et les travaux qui n’en finissent plus. Je suis chanceux, mes projets littéraires me donnent souvent l’occasion de réaliser ces escapades salutaires qui me reconnectent avec un dynamisme propre à Montréal. Ça recharge aussi sûrement mes piles qu’un feu de joie sur la grève, mais différemment. Ça active autre chose en moi. Et puis, c’est un voyage en pleine nostalgie.

 

La famille et les amis qui vivent encore là-bas. Mon bel appartement-cocon de l’avenue Jeanne d’Arc. Les promenades au Jardin botanique et au parc La Fontaine. Les Pretzel dogs du cinéma Starcité. Le Super C où je tombe toujours sur une connaissance en faisant l’épicerie. La station Pie IX et le métro sous-terrain. L’UQAM, les locaux associatifs, le Café des arts et le parc Émilie-Gamelin. Le Cabaret Mado, la Reine des nuits de Montréal, les Drag queens, les paillettes, les plumes, les costumes extravagants, les chorégraphies époustouflantes et les numéros qui passent aisément de la classe au vulgaire, du flamboyant au trash, du comique à l’expérimental et de l’hommage à la satire. La rue Sainte-Catherine, la rue Saint-Denis, l’avenue du Mont-Royal et tout ce qu’elles ont à nous offrir. Les soirées musiques des années 80 avec les cousines au La Tulipe. Le carré Saint-Louis, les airs d’accordéon du P’tit Bar et les dimanches de lecture au O-Taku Manga Lounge. Les bouquineries, les librairies indépendantes, les cafés, les théâtres, les musées et les galeries. La Banquise, Poutineville, Frites Alors! et les autres friteries de fin de soirée. Le cinéma Beaubien et ses films de répertoire. Le Vieux-Port, la rue Saint-Paul, les Deux Pierrots, le Marché Bonsecours et le Quai de l’Horloge.

 

Tant de souvenirs, tant de lieux chers à mon cœur. Mais ces escapades me donnent aussi l’occasion de m’ennuyer des Îles et d’avoir l’envie irrépressible d’y retourner toutes voiles dehors. Comme pour vérifier que j’ai fait le bon choix.

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