La vie en rose

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Photo du contingent du Pink Bloc de la manifestation « L’austérité : une histoire d’horreur » à l’automne 2014

 

Je suis tombé sur une photo datant de mes années de militance au sein du mouvement étudiant et j’ai eu envie de vous partager l’une de mes plus belles expériences : le Pink Bloc. Jusqu’en 2014, j’ai toujours milité en tant qu’étudiant. J’ai participé à la grève de 2012. Je ne me suis jamais senti autant citoyen que lorsque nous revendiquions la société que nous désirons jour et nuit dans les rues de Montréal et ailleurs au Québec. Parce que c’était ça, la grève de 2012.

En 2014, j’ai pris conscience que je ne voulais plus militer uniquement en tant qu’étudiant.  Je suis gay. Je suis issu des minorités de la diversité sexuelle, de genre et d’affectivité. Des minorités trop souvent invisibilisées et dont les réalités sont souvent ignorées ou mises de côté. Parfois au sein même de la communauté LGBT.

En 2014, j’ai choisi de ne plus jamais laisser cette facette de mon identité s’effacer devant d’autres luttes. Je voulais ardemment poser des gestes concrets pour combattre la binarité du genre, la biphobie, le cissexisme, les discriminations genrées, la diversité de façade, l’hétérocentrisme, l’hétéronormativité, l’hétérosexisme, l’homophobie, la lesbophobie, la sérophobie et la transphobie. Je voulais faire ma part dans la lutte contre le VIH et les ITS.

Ça s’articulait dans le projet de société plus juste, plus égalitaire, plus inclusive, plus éco-responsable et plus respectueuse de la dignité de chaque citoyen et de chaque citoyenne que je désirais de tout mon cœur.

Et c’est alors que je me suis mis à rejoindre le contingent du Pink Bloc durant les manifestations.

Tout comme le Black Bloc, le Pink Bloc est une tactique utilisée dans les manifestations et les actions directes. Elle consiste à utiliser une résistance festive, rythmée et colorée afin de promouvoir le féminisme et le queer, qu’on peut définir entres autres comme le dépassement des genres sociaux masculin et féminin et de l’oppression hétéronormative. Sexualité et conscience politique sont donc mises à l’honneur.

En effet, le Pink Bloc s’inscrit dans une mouvance d’extrême gauche qui combat le patriarcat et la binarité des genres. Elle recherche et intègre une diversité de modes d’action au sein même du cortège, mais essaie le plus souvent de détourner et de saboter avec humour et élégance les armes du système et ses modes d’oppression. Elle flirte avec la performance artistique, la musique et la danse afin de perturber tout en couleur ou de faire diversion.

En revêtant leurs capes roses flamboyantes, en criant leurs slogans colorés et par leurs actions et chorégraphies ludiques, les personnes qui utilisent la tactique du Pink Bloc assurent un espace sécuritaire à des personnes minorisées dans le mouvement étudiant. Leur présence permet parfois de faire tomber la pression dans des manifestations tendues. Cette idée d’espace sécuritaire s’inscrit en cohérence avec les théories anti-oppressions. Il faut créer des espaces où il est possible de s’exprimer et de s’identifier authentiquement, sans être soumis aux oppressions de la société homophobe, sexiste et raciste.

Comme le Black Bloc, le Pink Bloc n’a pas de leader ni de représentants, mais se base plutôt sur un ensemble de groupes affinitaires. Ces groupes affinitaires sont des petits groupes de personnes qui se connaissent mutuellement, se font confiance et se donnent des objectifs particuliers d’actions et des techniques de protection du groupe face à la police. Ils sont aussi légitimes que n’importe quels autres manifestants-es.

Grâce au Pink Bloc, j’ai trouvé un espace où mon orientation sexuelle, cette facette si importante de mon identité, pouvait s’exprimer tout en manifestant contre les horribles politiques d’austérité du gouvernement libéral. Ça m’a fait un bien fou. Qui que vous soyez et peu importe votre orientation sexuelle ou votre identité de genre, je vous souhaite de trouver un tel espace.

 

La trame, parce qu’elle est fabuleuse :

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