Sanctuaire

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Crédit photo : Joanie Poirier

 

« L’important, c’est de se sentir heureux. Vous savez, c’est bizarre où le bonheur va parfois se nicher » – Blaise Cendrars

Un

C’est une petite fille qui a vingt ans, mais qui mesure encore trois pommes. Elle est née dans une petite maisonnette rouge au pignon bien dressé. À l’intérieur, les pièces se comptent sur les doigts d’une main, l’espace y est restreint et le plancher craque en bruit de fond. C’est dans cette chaumière qu’elle se sent le mieux. L’odeur du pain et la paix y règnent nuit et jour, le soleil se dépose sur le carrelage et les gens sourient souvent. En pensant aux relents de bois et de mélasse, elle lui dit à bientôt, 62 Rue de la vie.

Deux

C’est un petit appartement, son premier. Elle rit quand elle y pense, parce qu’il est plus grand que sa maison. Tous les murs y sont blancs, mais elle l’a décoré de tant de plantes que la chlorophylle lui donne une teinte nouvelle. La lumière manque, mais il y fait toujours assez chaud et son lit l’attend, solidement ancré, à la fin des longues journées au loin. Repère en boussole, elle s’y cache lorsque la ville semble un peu trop grande.

Trois

C’est une journée pluvieuse et elle a la tête qui tourne. Les fantômes sont revenus récemment et elle a besoin d’un endroit où on ne pourra jamais la trouver. Elle descend la falaise et se retrouve face à l’infini, le sable et le bruit de la mer. Elle s’assoit sur le sol meuble et laisse l’eau s’égoutter tranquillement dans ses cheveux. Une seconde où elle se donne enfin le droit de ressentir tout aussi intensément qu’elle le désire. Elle ferme les yeux, soulagée de se sentir enfin chez elle et fière de sa cachette de compte de fées. Elle y passera ses plus belles et sombres journées.

Quatre

C’est une maison où on l’accueille comme si elle y avait toujours eu sa place. Les plafonds semblent être si hauts qu’ils voisinent les nuages. Le gigantesque chien bave constamment et charge les meubles sans effort. C’est la maison du renouveau, la brique d’un avenir incertain, mais tangible et ô si attirant.

Cinq

C’est un sous-sol beaucoup trop miteux pour que quiconque s’y sente tout à fait en paix. On raconte que les maladies éteintes y reviennent pour hanter ceux qui côtoient ces lieux. Il s’agit d’un repère, peut-être, plus que d’un refuge. Chaque matin, elle y revoit les mêmes visages familiers, qui lui sourient parfois. Elle y reprend son souffle entre deux magistraux et y rêvasse tranquillement. La machine à café y règne en maître. C’est le triste, mais merveilleux temple de son éducation.

Six

Ce sont ses bras qui l’accueillent, lorsqu’elle a épouillé tous ces lieux et qu’il lui manque encore quelque chose… quelqu’un.

La tendresse;

Le calme;

L’amour.

 

Ma trame :

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