Dans le creux de Novembre

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crédit image: Odile Dion-Achim

Le temps d’un battement de paupières ou du silence entre deux notes, je me sens parfois comme une maison dans laquelle le vent s’engouffre.
Parfois ce n’est qu’une fraction de seconde: le flash d’un appareil photo, un éclat de voix.
Parfois, ça s’installe: prendre une grande respiration, perdre son regard à travers la fenêtre.
Et souvent, ça dure: des jours durant, je vis dans l’ombre de mon corps.

Dépression et anxiété font partie du vocabulaire courant à ce temps-ci de l’année. Novembre nous rentre dedans comme un dix roues, nous lave à grosses brassées, tellement fort que le soleil se cache pour pas avoir à nous gérer.

Quand j’ai réalisé que je devais écrire un texte au milieu d’un des mois de l’année les plus difficiles mentalement pour nous les humains, tout de suite je me suis dit qu’il serait à propos de parler de dépression saisonnière. Parce que oui, j’aurai beau manger toutes les céréales colorées du monde, danser sur toutes les plus belles musiques, rire à toutes les meilleures blagues et les pires jeu de mots, lorsque l’automne laisse la porte grande ouverte à l’hiver, deep down, je me mets à feeler tout croche. C’est immanquable. Ma structure se fragilise, je m’écorche sur les rafales à 120.

Pourtant, ma situation n’est pas à plaindre. Les dernières semaines m’ont amené des opportunités et des défis incroyables, des rencontres merveilleuses, des moments magiques. Mon cœur déborde d’amour et de gratitude pour les personnes et le milieu insulaire, qui contribuent à faire de ma vie ce qu’elle devient. Je pense finalement avoir été capable de craquer une allumette, capable de partir un feu de foyer dans ma maison. Un brin de chaleur, un tout petit peu de lumière au centre de ce corps que j’habite.

Fait que, je sais pas. À la dernière minute, j’ai choisi de me coller proche proche de mon petit feu. J’ai choisi de célébrer ce qui fait en sorte que je trouve encore l’énergie de pousser à travers la fatigue. Alors voici, en rafale (à 120), ce qui garde la maison debout le temps que j’y ancre les bases et qui l’occupe le temps que j’y mette plus de meubles:

Je suis ici.
Je suis en santé (fatiguée, mais tout de même en santé.)
Je suis mobile.
J’ai un toit au-dessus de ma tête, les pieds au sec et accès à l’eau courante. (On le réalise pas toujours, mais c’est déjà un sacré privilège.)

Je suis entourée de personnes fascinantes, qui chaque jour accomplissent des choses incroyables.
J’apprends chaque jour à connaître un peu plus quelqu’un.

J’ai un nouveau travail gratifiant, où m’attendent de belles opportunités de carrière.
J’apprends quelque chose de nouveau chaque jour.
Je reste curieuse à propos de tout. Je m’intéresse encore à tout.

Je fais des activités qui me permettent de me défouler, de vider ma tête de tous les tracas.
Je crée chaque jour.

Je ressens (parfois trop) les choses.

Déjà avec ça, je pense qu’on est en business. Dans le creux de Novembre, mon petit feu devient un phare. Ma maison, une tanière où se blottir. Mon corps, un endroit où il fait bon vivre.

Trame: Home – Phillip Phillips

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