« No name »

Source: splitshire.com

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Ça fait plus de 5 ans que je suis célibataire. J’aime ça, en général. (C’est complètement faux, j’haïs ça et je suis un peu tannée.) Je peux faire ce qui me plaît, je me sens libre et autonome, la plupart du temps. Sauf quand je n’arrive pas à déprendre mon char d’un banc de neige ou quand j’ai un dégât d’eau à gérer dans ma maison… que je paye toute seule.

Dans mes rêves les plus fous (on ne se cachera pas que ça devient de moins en moins réaliste. Même mon médecin me l’a dit « si tu veux des enfants c’est maintenant qu’il faut commencer à y penser.») j’aurais une petite meute à moi. Un amoureux, des enfants, des amis tout autour de nous, une grande famille élargie avec plein de gens qu’on aime. J’essaie de faire ce que je peux pour y arriver, mais je ne suis vraiment pas très douée dans ce domaine. J’essaie de m’ouvrir aux possibilités qui se présentent, je fais de magnifiques rencontres, j’ai découvert des amis sincères au fil du temps, mais définitivement l’amour, ce n’est pas ma tasse de thé.

Ce qui est supposé être beau dans le célibat c’est d’être seul, libre de ses choix. C’est vrai et ça permet souvent de se retrouver face à soi-même. Je suis assez fière d’être qui je suis et de savoir ce que je veux, ce que je vaux aussi. Parce que non, malgré mon désir de meute, je ne m’embarquerais jamais dans quelque chose qui ne me rend pas heureuse. C’est supposé être un plus l’amour, pas d’enlever du bonheur non ? En bonne jeune adulte célibataire, je fais des rencontres, je vis des relations différentes, mais surtout des relations qu’on n’identifie pas, les « no name » (tsé un peu comme la marque « cheap » dans laquelle on n’investit pas). Pas de couple, pas de complication. Il n’y a pas d’attentes, pas d’émotions, pas de ruptures… Et comme c’est « no name », on vit ça en douce, sans se faire d’histoire. Ça se termine de la même manière, sans faire d’histoire, avec nos amies les plus proches qui viennent nous faire du macaroni réconfortant. Et après… on passe à autre chose, parce que ce n’était rien, parce que c’était futile, parce que c’était sans attente, sans amour parfois. Le problème c’est que même les petits espoirs, les petites rencontres, les histoires qui durent 2-3 fins de semaine et les petites attentions, quand ça s’arrête ça devient un échec de plus, qui fait mal. C’est chaque fois un rappel que ça ne marche pas, que quelqu’un d’autre ne nous a pas aimé, qu’on n’a pas fait les bons choix. C’est un coup sur l’orgueil, sur l’estime, c’est une remise en question et on se retrouve une fois de plus face à soi-même. Ça fait mal en cachette, mal par en dedans. Ça laisse toujours une petite entaille sur l’espoir.

Je ne sais pas si je suis réellement faite pour l’amour.  Je sais par contre que je me dis ça pour avoir l’impression que je vis bien avec mon célibat et pour avoir l’air forte, en contrôle. Bref ce que je dis c’est n’importe quoi. Je sais aussi que malgré les petites entailles qui s’accumulent, chaque fois je me relève et j’apprends. Et ce, en grande partie grâce à ma petite meute que j’ai déjà : mes amies proches qui savent tout, même les petits secrets de mon si beau célibat.

 

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