L’oeil de l’ouragan

Crédit photo : Mylaine St-Onge

Crédit photo : Mylaine St-Onge

Je me suis sentie prise au piège. Je suis partie. Loin de la maison.
J’ai eu peur de ne plus me sentir bien chez moi. J’ai eu peur d’étouffer.
Peur de partir. Peur de ne pas avoir envie de revenir.

J’ai pris off. De tout. De mon monde, de ma vie. Surtout de moi.
Pour me sortir de mes pensées, de mes peines.
Pour m’évader de cet ouragan qui tournait tout autour.
Prise au centre. Je sentais la tempête. Partout. Si proche.
Aspirée. Je suis partie. Loin.

Le rythme m’a empêché de respirer. Le vent m’a manqué.
Je me suis prise au piège ailleurs.
La pression, la course, la vitesse.
Essoufflée, dans cette vie qui court trop vite.
Seule dans un café, je vois ces gens qui ne se regardent pas.
J’étouffe vraiment, les lumières, les vitrines, le bruit, les voitures.
J’ai besoin d’air.

À l’extérieur, le vent est fort.
Je ferme les yeux, me retrouve sur la falaise.
Il ne manque plus que l’air salin.

Je sais ce que je veux.
Je sais qui je suis.
Je sais où je veux être, où je me retrouve.

Je rentre bientôt à la maison
Je rentre chez moi, je rentre chez nous
J’y étais, j’y suis déjà.

Je sais que je me rapproche.
J’y suis presque.
J’approche de l’œil de mon ouragan.

 

La trame :

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