Pression

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L’autre jour, j’expliquais à quelqu’un pourquoi j’ai arrêté mes études après le CÉGEP pour en arriver à rentrer à l’université seulement à 26 ans (j’en ai maintenant 27). C’était parce qu’auparavant, je manquais de maturité et surtout de confiance en moi. Ça s’était transformé en gros besoin d’approbation de la part des autres et d’assurance par rapport à ce que je voulais faire, jusqu’à ce que je me donne un coup de pied dans le derrière et que je me décide à vivre ma vie en fonction de moi-même. J’ai aussi parlé de ma vie aux Îles et j’ai évoqué que j’avais fait de grosses conneries quand j’étais plus jeune. Le fait est que ma discussion récente avec mon ami m’a fait me rendre compte que si je ressentais un certain malaise social en étant aux Îles ou en prévoyant m’y rendre, c’était justement par rapport à ces conneries.

En effet, les Îles sont un petit milieu et je crois qu’on peut y ressentir un certaine pression sociale de bien paraître qui est peut-être moins intense ou moins apparente que dans une grande ville. Je sentais en permanence le regard des autres peser sur moi et je considérais déjà que ma réputation était complètement scrap quand je me suis empressée de partir à 17 ans, ce qui explique pourquoi je ne suis pas restée étudier au CÉGEP des Îles.

Certains, en lisant ces lignes, pourraient croire que je suis paranoïaque ou que je l’étais. Personnellement, je ne sais pas. En tout cas, il est clair que je vis une sorte de névrose sociale : je crains souvent d’être jugée par mes pairs et ce sentiment est exacerbé aux Îles. Cela vient assurément de mes insécurités qui sont conséquentes à l’intimidation que j’ai vécue étant plus jeune ainsi que des palabres, ce mot local décrivant les discussions qui alimentent les rumeurs (pour nos amis lecteurs non-natifs), n’arrangent pas les choses. Après tout (et c’est un fait avéré), certaines personnes me connaissaient d’abord de réputation avant même de m’avoir rencontrée, alors une partie de moi se demande si ce sera encore le cas.

Aussi, il y a ceux qui m’ont connue il y a longtemps. Alors que je faisais du pouce il y a quelques années, une personne que je connaissais depuis la maternelle passait en voiture. Nos regards se sont croisés, nous nous sommes reconnus, puis la personne a semblé m’ignorer et a continué son chemin sans s’arrêter… Cela m’a laissée perplexe. Notre relation à l’école était bien loin d’en être une d’amitié, certes, mais sans lui en vouloir, je ne peux pas dire que ce moment au bord de la route ne m’a pas affectée.

Je me suis donc demandé pourquoi certaines personnes pourraient continuer de me juger négativement après plusieurs années d’absence : est-ce que c’est simplement parce qu’une fois qu’on s’est fait une idée au sujet de quelqu’un, il est difficile d’en changer ou bien c’est plutôt parce que ces personnes n’ont pas changé et sont donc parties du principe que c’était la même chose pour moi?

C’est pourquoi je me suis rendue compte que je ne me posais pas les bonnes questions en lisant un article auquel je m’identifie particulièrement au sujet des gens mal à l’aise socialement qui s’en font trop par rapport à la façon dont les autres les perçoivent. Premièrement, bien qu’en tant qu’individus nous sommes le centre de notre univers, nous ne sommes pas dans le centre de l’univers des autres et ceux-ci ne remarqueront pas nécessairement tout ce que nous nous reprochons. Je ne me mettrai pas à résumer tout l’article, mais on y traite aussi du cycle du biais de confirmation en expliquant comment nous avons trop tendance à nous concentrer sur le négatif plutôt que le positif et que nous nous reprochons trop à nous-même certaines actions passées.

Après tout, dans la vie, je ne suis pas la seule à faire des bêtises : peut-être que le conducteur qui ne m’a pas fait embarquer dans sa voiture avait honte de quelque chose et/ou qu’il était mal à l’aise. Peut-être simplement qu’il n’avait juste pas le temps, pas la place dans sa voiture, etc. Après tout moi, aussi, j’ai déjà croisé des gens que je connaissais et j’ai passé mon chemin parce que je n’en avais pas le temps, mais aussi peut-être parfois par timidité.

J’espère que ces personnes ne m’en veulent pas.

Le fait est que je n’ai pas le contrôle sur mon passé et je peux uniquement agir dans le présent. Mais il y a encore cette petite voix qui me dit « oui, mais les gens, eux, est-ce qu’ils sont dans le présent ou le passé? » C’est donc un effort constant de la faire taire parce qu’en réalité, les gens qui en valent la peine, ce sont ceux qui sont dans le présent et qui ne vont pas me juger à tout bout de champ.


Écoute la trame Three Little Birds de Bob Marley

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